Formulaire d’approbation de l’organisation

A propos du Global Frackdown
 

2 Novembre 2015

Monsieur/Madame le Député/la Députée,

Tandis que la Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (COP 21) approche, nous vous appelons à prendre urgemment des mesures courageuses. Cela ne signifie pas seulement fixer des objectifs de réduction des émissions, mais aussi prendre explicitement position sur la nécessité fondamentale et scientifiquement prouvée de garder les énergies fossiles enfouies. Nous faisons tout particulièrement appel à vous pour rejeter la fracturation hydraulique (nécessaire à l’extraction du gaz de schiste) et l’usage de l’acidification pour la production de pétrole et de gaz naturel et toute infrastructure liée. Il est urgent que vous agissiez pour enfin lancer la transition vers un avenir à l’énergie 100% renouvelable, ce qui est une nécessité pour remédier au réchauffement climatique.

En novembre dernier, Andrew Cuomo, le gouverneur de New York, a publié une étude sur les impacts sur la santé de la fracturation hydraulique, et a, suite à cela, décidé d’interdire la pratique dans son Etat. Cette décision suit l’exemple de pays tels que la France ou la Bulgarie, qui ont aussi interdit la fracturation hydraulique. De telles précautions font suite à l’accumulation de preuves scientifiques qui démontrent l’impact négatif de la fracturation hydraulique en termes de pollution de l’air et de l’eau, de problèmes de santé publique, de séismes, sans compter les impacts générés par l’extraction du sable de fracturation, la construction des gazoducs et autres projets d’infrastructure.

En ce qui concerne les impacts climatiques, il est vrai que brûler du gaz naturel produit moins de dioxyde de carbone que des énergies fossiles telles que le charbon ou le pétrole. Pour cette raison, le gaz de schiste a été présenté comme étant bénéfique pour le climat et comme pouvant être le support d’une transition énergétique. [1] Toutefois, la vérité est que le gaz de schiste nous amène vers un chaos climatique sans échappatoire. Trois raisons fondamentales explique cela.

Tout d’abord, l’augmentation de l’utilisation du gaz naturel dans l’industrie électrique ne fait pas que se substituer aux autres énergies fossiles, elle remplace également les solutions plus propres, telles que l’énergie solaire, l’énergie éolienne et l’efficience énergétique. Ces alternatives sont d’une importance capitale pour faire face au défi énergétique, mais la fracturation hydraulique et l’expansion des infrastructures gazières continuent de retarder leur développement.

Ensuite, les fuites de gaz naturel, et donc de gaz à effets de serre tels que le méthane, se sont révélées être plus importantes qu’envisagées auparavant, alors même que la communauté scientifique s’est rendue compte que le rôle du méthane dans l’effet de serre avait été sous-estimé. [2] Par conséquent, l’augmentation des émissions de méthane qui va de paire avec le choix du gaz naturel plutôt que d’autres énergies fossiles, compense voire dépasse la baisse des émissions de dioxyde de carbone qui est pourtant l’argument mobilisé pour justifier son exploitation.

Enfin, même en mettant de côté les problèmes de l’industrie avec les fuites de méthane et en ne s’intéressant qu’au dioxyde de carbone, extraire et brûler du gaz de schiste risque de libérer significativement plus de dioxyde de carbone que la planète ne peut assimiler. Pour éviter les effets irréversibles du changement climatique, la quasi-totalité du gaz naturel qui pourrait être extrait par fracturation hydraulique doit rester enfoui et non brûlé. Ceci est valable même si une action globale agressive est entreprise pour réduire la consommation de pétrole et de charbon.

Afin d’illustrer ce dernier point, il est communément admis que pas plus d’un tiers des réserves prouvées d’énergies fossiles peuvent encore être consommées d’ici 2050 pour que la planète ait toujours plus d’une chance sur deux d’éviter un réchauffement de 2 degrés Celsius. Cependant, cette statistique minimise le problème de deux manières. D’abord, elle se base uniquement sur les réserves prouvées – sans prendre en compte la majeure partie du gaz de schiste, pétrole de schiste, pétrole de l’Arctique et pétrole extrait des sables bitumineux actuellement en plein développement. Ensuite, les estimations quant aux réserves prouvées « non-combustibles» proviennent d’estimations scientifiques obsolètes et le seuil de 2 degrés est trop permissif. Désormais, les climatologues affirment que dépasser ne serait-ce que les 1.5 degrés de réchauffement aura des conséquences inacceptables, particulièrement dans les pays de l’hémisphère sud.

Pour dire les choses simplement, nous ne pouvons nous permettre de maintenir ce modèle énergétique basé sur les énergies fossiles si nous souhaitons maintenir la stabilité de notre climat et la santé de la planète. Malgré cela, des intérêts privés ont réussi à convaincre de nombreux gouvernements que l’exploitation du gaz de schiste par la fracturation hydraulique est inoffensive et peut permettre une transition vers les énergies renouvelables. C’est un point de vue dangereux et non fondé.

Le monde fait face à une crise climatique qui a d’ores et déjà eu des impacts dévastateurs, et qui ne vont que s’amplifier jusqu’à atteindre des niveaux catastrophiques si aucune mesure n’est prise rapidement. Choisir la fracturation hydraulique revient à choisir l’inaction, et c’est un anathème au développement de systèmes énergétiques soutenables et accessibles à tous, basés sur l’usage efficient de ressources énergétiques renouvelables, abordables, abondantes et sûres, selon les conditions et contraintes propres à chaque région.

Lors du sommet sur le climat de Paris, il doit être clairement affirmé que la fracturation hydraulique pour l’extraction du gaz de schiste, du gaz de réservoir compact, tout comme les autres méthodes extrêmes d’extraction des énergies fossiles, sont incompatibles avec la stabilité du climat. Nous vous demandons urgemment de soutenir l’interdiction de la fracturation hydraulique et tout autre procédé assimilé, aussi bien en tant que projet politique national, que pour viser à un accord international sur le climat, et nous vous demandons de vous positionner explicitement sur la nécessité de garder au maximum les énergies fossiles enfouies et non-brulées.

Je vous prie d’agréer, Monsieur/Madame / Monsieur/Madame le Député/la Députée, l’expression de ma considération distinguée.

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[1] Ces dernières années, environ 75 pourcent des forages et des fracturations aux Etats-concernaient le pétrole pas le gaz, l’argument des bénéfices climatiques est donc invalide.

[2] Selon le cinquième rapport de synthèse du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) 2013, le méthane issu de l’exploitation du pétrole et du gaz retient 87 fois plus la chaleur que le dioxyde de carbone sur une période de 20 ans, et 36 fois plus sur 100 ans. En raison des points de basculement du climat, l’échéance de 20 ans devrait être une priorité. Les mesures atmosphériques de la concentration en méthane au-dessus des installations de pétrole et de gaz indiquent de bien plus fortes émissions que les estimations fournies par l’industrie.